samedi 10 mars 2018

Ce destin sans ordre qui imite le hasard


Tout ce qui transparaît sur la terre et tout ce qui est au-delà
Fait partie d’un plan sans limites
Que l’Unique garde en son cœur et seul connaît.

Ce qui nous arrive au-dehors porte sa semence au-dedans
Et même ce Destin sans ordre qui imite le Hasard,
Cette masse de conséquences inintelligibles,
Sont le graphique muet de vérités qui oeuvrent, invisibles :
Les lois de l’Inconnu créent le connu.

Les évènements qui façonnent l’apparence de nos vies
Sont le message codé de pulsations subliminales
Que rarement nous surprenons ou vaguement nous sentons,
Ils sont l’effet de réalités refoulées
Qui émergent à peine au jour matériel :
Ils naissent du soleil des pouvoirs cachés de l’esprit
Se creusant un tunnel au travers de l’urgence.

Mais qui va sonder le gouffre énigmatique
Pour apprendre quelle nécessité profonde de l’âme
A déterminé l’acte fortuit et sa conséquence ?

Absorbés dans une routine d’actions quotidiennes,
Nos yeux sont fixés sur une scène extérieure ;
En entendant craquer les roues de la Circonstance
Nous nous interrogeons sur la cause cachée des choses.

Extrait de Savitri

dimanche 4 février 2018

Le labeur d'un dieu

















J'ai ramassé mes rêves dans un air argenté
Entre l’or et le bleu
Et les ai enveloppés là doucement et laissés là,
Mes rêves précieux de vous.

J’avais espéré bâtir un pont d’arc-en-ciel
Pour marier le sol au ciel
Et semer dans cette minuscule planète dansante
L’atmosphère de l’infinitude.

Mais nos cieux étaient trop brillants, trop lointains,
Trop frêle leur substance éthérée,
Trop splendide et soudaine notre lumière ne pouvait pas rester ;
Les racines n’étaient pas assez profondes.

Celui qui voudrait apporter ici les cieux
Doit descendre lui-même dans l’argile
Et porter le fardeau de la nature terrestre
Et fouler le chemin douloureux.

Forçant ma divinité je suis descendu
Ici sur cette terre sordide,
Ignorante, laborieuse, produit de l’humain
Entre les portes de la mort et de la naissance.

J’ai creusé profond et longtemps
Dans une horreur de fange et de boue
Un lit pour le chant de la rivière d’or
Une demeure pour le feu qui ne meurt pas.

Poème de Sri Aurobindo (première partie). Le texte original est en anglais : A GOD’LABOUR. La première traduction en français paraît aux Editions Sri Aurobindo Ashram, Pondichéry, en 1972. Puis Satprem en effectue une traduction pour les Editions Institut de Recherches Evolutives basées à Paris, en 2004. Le texte qui précède comporte quelques modifications par rapport aux deux traductions précédemment citées, modifications effectuées par l'auteur de ce blog, Mudita.

Illustration : Pierre Soulages, Peinture 1959

mardi 5 décembre 2017

vendredi 1 décembre 2017

Les différents aspects de la Shakti : la transformation (partie 7 et fin)



Il y a d’autres grandes Personnalités de la Mère divine, mais elles étaient plus difficiles à faire descendre et elles ne se sont pas mises en avant d’une manière aussi prononcée dans l’évolution de l’esprit terrestre. Parmi elles sont des Présences indispensables à la réalisation supramentale ; la plus indispensable de toutes est la Personnalité de cette extase, cette béatitude mystérieuse et puissante qui s’écoule du suprême Amour divin, la Personnalité de l’Ananda qui seul peut remédier au gouffre entre les hauteurs les plus sublimes de l’Esprit supramental et les abîmes les plus profonds de la Matière, de l’Ananda qui tient la clef de la Vie merveilleuse la plus divine et qui, même maintenant, soutient depuis ses demeures cachées l’œuvre de tous les autres Pouvoirs de l’univers.

Mais la nature humaine limitée, égoïste et obscure est inapte à recevoir ces grandes Présences ou à supporter leur action puissante. C’est seulement quand les Quatre ont établi leur harmonie et leur liberté de mouvement dans l’esprit, la vie et le corps transformés, que ces autres Pouvoirs plus rares peuvent se manifester dans le mouvement terrestre et que l’action supramentale devient possible. Car, lorsque toutes ses Personnalités sont rassemblées en elle et manifestées, que leur action indépendante s’est changée en une unité harmonieuse et qu’elles s’élèvent jusqu’à leurs divinités supramentales, alors la Mère est révélée comme la Mahâshakti supramentale et apporte ici-bas de leur ineffable éther ses transcendances lumineuses.

La nature humaine peut être changée en une nature divine dynamique parce que toutes les lignes élémentaires de la conscience et de la force de Vérité supramentales sont accordées et que la harpe de la vie est prêtre pour les rythmes de l’Eternel.

Si vous désirez cette transformation, placez-vous sans hésitation ni résistance dans les mains de la Mère et de ses Pouvoirs et laissez-la travailler sans entrave en vous. Vous devez avoir trois choses : la conscience, la plasticité, la soumission sans réserve. Vous devez être conscient dans le mental, l’âme, et le cœur, la vie et même dans les cellules de votre corps, conscient de la Mère, de ses Pouvoirs et de leur action, car, bien qu’elle puisse travailler et travaille en vous, même dans votre obscurité et dans vos éléments inconscients et vos moments d’inconscience, ce n’est pas la même chose que lorsque vous êtes dans une communion vivante et éveillée avec elle.

Toute votre nature doit être plastique à son toucher, sans questionner comme le fait le mental ignorant et suffisant, qui interroge, doute, discute et qui est l’ennemi de sa propre illumination et transformation ; sans insister sur ses propres mouvements comme le vital dans l’homme insiste en opposant avec persistance ses désirs récalcitrants et sa mauvaise volonté à toute influence divine ; sans élever des obstacles ni se retrancher derrière l’incapacité, l’inertie et le tamas, comme le fait la conscience physique de l’homme qui s’attache à ses plaisirs dans la bassesse et l’ombre, se récrie contre tout contact qui trouble sa routine sans âme, sa paresse stupide ou sa somnolence apathique.

La soumission sans réserve de votre être intérieur et extérieur produira cette plasticité dans tous les éléments de votre nature ; la conscience s’éveillera partout en vous par une ouverture constante à la Sagesse, la Lumière, la Force, à l’Harmonie et la Beauté, à la Perfection qui se déversent d’en haut. Le corps lui-même s’éveillera, unira enfin sa conscience, qui aura cessé d’être subliminale, à la Force supraconsciente supramentale, sentira toutes les Puissances de la Mère l’imprégner d’en haut, d’en bas et d’alentour et tressaillira à l’Amour à l’Ananda suprêmes.

Mais tenez-vous sur vos gardes et n’essayez pas de comprendre et de juger la Mère Divine avec votre petit mental terrestre qui aime à soumettre même les choses qui le dépassent à ses normes et à ses mesures, à ses raisonnements étroits et à ses impressions sujettes à erreur, à son ignorance agressive et creuse et à sa connaissance pleine de mesquinerie et de suffisance.

L’esprit humain, enfermé dans la prison de sa demi-obscurité, ne peut suivre la liberté multilatérale des pas de la divine Shakti dont la rapidité et la complexité de vision et d’action dépassent la compréhension humaine hésitante.

Les mesures du mouvement de la Mère ne sont pas les mesures de l’homme. Déconcerté par le changement rapide de ses nombreuses et différentes Personnalités, par sa création et sa destruction des rythmes, par ses accélérations et ses diminutions de rapidité, par ses diverses manières d’agir avec le problème de l’un et de l’autre, par son adoption ou son rejet tantôt d’une ligne d’action et tantôt d’une autre, ou par leur réunion simultanée, l’homme ne reconnaît pas la manière d’agir de la Puissance suprême quand elle s’élève en cercles à travers le labyrinthe de l’Ignorance vers la Lumière d’en haut. Ouvrez-lui plutôt votre âme, et soyez satisfait de la sentir par la nature psychique, de la voir par la vision psychique qui, seules, répondent avec droiture à la Vérité. Alors la Mère elle-même illuminera à travers leurs éléments psychiques, votre esprit, votre cœur, votre vie et votre conscience physique et leur révélera, à eux aussi, ses voies et sa nature.

Evitez également cette erreur du mental ignorant d’exiger du Pouvoir divin d’agir toujours suivant vos notions grossières et superficielles d’omniscience et d’omnipotence. Car votre mental exige d’être impressionné à tout propos par le pouvoir miraculeux, le succès aisé et la splendeur aveuglante ; autrement il ne peut pas croire que le Divin est ici.

La Mère fait face à l’Ignorance dans le domaine de l’Ignorance ; elle est descendue ici-bas et n’est pas toute là-haut. Partiellement elle voile et partiellement elle dévoile sa connaissance et son pouvoir ; bien souvent, elle les retire de ses instruments et personnalités et elle suit, afin de les transformer, la voie du mental qui cherche, du psychique qui aspire, du vital qui combat, de la nature physique emprisonnée et douloureuse. Il y a des conditions qui ont été posées par une suprême Volonté ; il y a de nombreux nœuds emmêlés qui doivent être défaits et ne peuvent être tranchés brusquement.

L’asoura et le râkshasa contrôlent cette nature terrestre en évolution et il faut leur faire face et les conquérir selon leurs propres conditions et dans leur propre fief et domaine, celui qu’ils ont conquis depuis longtemps, l’Humain en nous doit être conduit et préparé à surpasser ses limites ; il est trop faible et obscur pour pouvoir être élevé soudain à un état qui le dépasse trop. La Conscience et la Force divines sont là et font à chaque instant ce qui est nécessaire suivant les conditions du travail ; elles prennent toujours la décision telle qu’elle est décrétée et façonnent au milieu de l’imperfection, la perfection qui doit venir.

N’écoutez pas votre mental, il ne reconnaîtra pas la Mère même si elle est manifestée devant vous. Suivez votre âme et non pas votre mental, votre âme qui répond à la Vérité, non votre mental qui saute sur les apparences ; confiez-vous à la Puissance divine et elle libérera en vous les éléments divins et façonnera tout en une expression de la Nature divine.

Le changement supramental est décidé et inévitable dans l’évolution et la conscience terrestre ; car cette conscience n’a pas terminé son ascension, et le mental n’est pas son sommet final. Mais pour que le changement arrive, prenne forme et dure, il faut qu’il y ait l’appel d’en bas avec une volonté de reconnaître et non de repousser la Lumière quand elle vient, et d’en haut la sanction du Suprême.

La puissance qui s’entremet entre la sanction et l’appel est la présence et le pouvoir de la Mère divine. Seule la puissance la Mère, et non aucun effort ou tapasyâ humains, peut briser le couvercle, déchirer le voile, façonner le vaisseau, et amener dans ce monde d’obscurité, de mensonge, de mort et de souffrance, la Vérité, la Lumière, la Vie divine et l’Ananda des immortels.


Extrait de La Mère

vendredi 24 novembre 2017

samedi 23 septembre 2017

Les différents aspects de la Shakti : Mahâsaraswatî (partie 6)


Mahâsaraswatî est la Puissance de travail de la Mère et son esprit de perfection et d’ordre.

La plus jeune des Quatre, elle est la plus experte en capacité d’exécution et la plus proche de la Nature physique. Maheshwarî trace les grandes lignes des forces mondiales, Mahâkâlî actionne leur énergie et leur impulsion, Mahâlakshmî révèle leurs rythmes et leurs mesures, mais Mahâsaraswatî préside au détail de leur organisation et de leur exécution, à la relation des parties entre elles, la combinaison efficace des forces et l’exactitude infaillible dans le résultat et l’accomplissement.

La science, l’art et la technique sont du ressort de Mahâsaraswatî. Elle contient dans sa nature et peut toujours donner à ceux qu’elle a choisis la connaissance intime et précise, la subtilité, la patience, l’exactitude de l’esprit intuitif et de la main consciente, et le regard pénétrant du travailleur parfait.

Cette Puissance est la constructrice vigoureuse, infatigable, soigneuse et efficace, l’organisatrice, la technicienne, l’artisane et la classificatrice des mondes. Quand elle entreprend la transformation et la reconstruction de la nature, son action est laborieuse et minutieuse, et bien souvent à notre impatience, elle semble lente et interminable ; mais elle est persistante, intégrale et sans défaut. Car sa volonté dans le travail est scrupuleuse, vigilante et infatigable ; se penchant vers nous elle voit et touche chaque détail, découvre chaque infime défaut, lacune, perversion ou imperfection et considère et pèse exactement tout ce qui a été fait et tout ce qui reste faire.

Rien n’est trop petit ni trop trivial en apparence pour son attention ; rien ne peut lui échapper, si impalpable, si déguisé ou caché que ce soit. Façonnant et refaçonnant, elle élabore chaque élément jusqu’à ce qu’il soit parvenu à sa forme vraie, mis à sa place propre dans l’ensemble et qu’il accomplisse son but précis.

Dans sa constante et diligente organisation et réorganisation des choses, son regard est à la fois sur tous les besoins et sur la manière d’y faire face, son intuition sait ce qui doit être choisi et ce qui doit être rejeté, et détermine avec succès l’instrument propre, le temps propre, les conditions propres et l’opération propre.

Elle abhorre l’indifférence, la négligence et la paresse, tout travail bâclé, inconsidéré et équivoque, toute maladresse, tout à-peu-près, et tout raté, toute adaptation fausse, tout mauvais emploi des instruments et des facultés ; et de laisser un travail non exécuté ou à demi exécuté est pénible et étranger à sa nature.

Quand son travail est achevé, rien n’a été oublié, mal placé, omis ou laissé dans un état défectueux ; tout est solide, précis, complet, admirable. Rien de moins qu’une parfaite perfection ne peut la satisfaire et elle est prête à affronter une éternité de labeur si cela est nécessaire à la plénitude de sa création. C’est pourquoi, de tous les Pouvoirs de la Mère, elle est la plus endurante avec l’homme et ses milliers d’imperfections. Douce, souriante, proche et secourable, ne se détournant et ne se décourageant pas aisément, persistant même après l’insuccès répété, sa main soutient chacun de nos pas à condition que nous soyons droits et sincères et que nous n’ayons qu’une volonté ; car elle ne tolère aucune duplicité et son ironie révélatrice est impitoyable au drame, au cabotinage, à l’illusion et à la prétention.

Une mère pour nos besoins, une amie dans nos difficultés, un conseiller et un mentor constant et tranquille, dissipant par son éclatant sourire les nuages de tristesse, de mauvaise humeur et de dépression, remémorant sans cesse l’aide toujours présente, montrant du doigt l’éternelle clarté du soleil, elle reste ferme, calme et persévérante dans l’élan profond et continu qui nous pousse vers l’intégralité de la nature supérieure.

Tout le travail des autres Pouvoirs dépend d’elle pour sa perfection, car elle assure la base matérielle, élabore les détails, érige et rivette l’armature de la construction.

Extrait de La Mère

mardi 23 mai 2017

Les différents aspects de la Shakti : Mahâlakshmî (partie 5)


La Sagesse et la Force de sont pas les seules manifestations de la Mère suprême ; il y a dans sa nature un mystère plus subtil, sans lequel la Sagesse et la Force seraient incomplètes et la Perfection ne serait pas parfaite.

Au-dessus d’elles est le miracle de l’éternelle Beauté, secret insaisissable des harmonies divines, la magie imposante d’un charme irrésistible et universel, d’une attraction qui attire et lie les choses, les forces et les êtres et les oblige à se rencontrer et à s’unir afin qu’un Ananda caché puisse jouer de derrière le voile et faire d’eux ses rythmes et ses formes.

Tel est le pouvoir de Mahâlakshmî et aucun aspect de la divine Shakti n’est plus attrayant pour le cœur des êtres incarnés. Maheshwarî peut paraître trop calme, trop grande et trop distante à approcher ou à contenir pour la petitesse de la nature terrestre, Mahâkâlî trop rapide et redoutable à supporter pour sa faiblesse ; mais tous se tournent avec joie et ardeur vers Mahâlakshmî.

Elle jette le sortilège de la douceur enivrante du Divin. Etre proche d’elle est un bonheur profond et la sentir dans son coeur fait de l’existence une extase et une merveille. La grâce, le charme et la tendresse émanent d’elle comme la lumière du soleil, et partout où elle fixe son regard merveilleux ou laisse tomber la beauté de son sourire, l’âme est saisie, captivée et plongée dans les profondeurs d’une félicité insondable.

Magnétique est l’attouchement de ses mains ; leur influence occulte et délicate purifie l’esprit, la vie et le corps, et là où elle presse ses pieds coulent les flots miraculeux d’un Ananda qui ravit.

Et pourtant il n’est pas facile de faire face aux exigences de ce Pouvoir enchanteur ou de conserver sa présence. L’harmonie et la beauté des pensées et des sentiments, l’harmonie et la beauté dans chaque mouvement extérieur, l’harmonie et la beauté de la vie et de l’entourage, voilà ce qu’exige Mahâlakshmî. Là où il y a une affinité avec les rythmes de la félicité secrète du monde, une réponse à l’appel de la Toute-Beauté, l’harmonie l’unité et le flot joyeux de beaucoup de vies tournées vers le Divin, dans cette atmosphère elle consent à demeurer.

Mais tout ce qui est laid, mesquin et vulgaire, tout ce qui est pauvre, sordide et misérable, tout ce qui est brutal et grossier empêche sa venue. Elle ne vient pas là où l’amour et la beauté ne sont pas nés ou ne naissent qu’à regret ; là où ils sont mélangés à des choses plus basses, qui les défigurent, elle se détourne bientôt pour se retirer, ou ne se soucie point de donner ses richesses.

Si, dans les cœurs des hommes, elle se trouve entourée d’égoïsme, de haine, de jalousie, de malveillance, d’envie et de conflit, si la traîtrise, l’avidité et l’ingratitude sont mêlées au contenu du calice sacré, si la grossièreté de la passion et le désir impur dégradent la dévotion, dans de tels coeurs, la déesse gracieuse et magnifique ne s’attarde pas. Un dégoût divin la saisit et elle se retire, car elle n’est pas de ceux qui insistent ou font un effort. Ou bien, voilant sa face, elle attend que le rejet et la disparition de cet amer poison diabolique lui permettent d’établir à nouveau son heureuse influence.

Le dénuement et la sévérité ascétique ne lui sont pas agréables, non plus que la suppression des émotions les plus profondes du cœur et que la répression rigide des éléments de beauté de l’âme et de la vie. Car c’est par l’amour et la beauté qu’elle place sur les hommes le joug du Divin.

Dans ses créations suprêmes, la vie est changée en une riche œuvre d’art céleste et toute existence en un poème de délice sacré ; les richesses du monde sont assemblées et accordées pour un ordre suprême et même les choses les plus simples et les plus ordinaires deviennent merveilleuses par son intuition de l’unité et le souffle de son esprit.

Admise dans le cœur, elle élève la sagesse au faîte de l’émerveillement, elle lui révèle les secrets mystiques de l’extase qui surpasse toute connaissance, elle répond à la dévotion par l’ardent attrait du Divin, enseigne à l’énergie et à la force le rythme qui garde harmonieuse et mesurée la puissance de leurs actes et elle projette sur la perfection le charme qui le fait durer à jamais.

Extrait de La Mère